“Par-delà nos sensibles frontières”
Ce que je désire évoquer par les quelques vers qui vont suivre c’est simplement dénoncer que notre vérité ne prévaut pas en ce monde.
Si nous lui donnons autant de valeur et si nous sommes persuadés de son intransigeante légitimité, ce n’est qu’au prix d’une énergie titanesque qu’elle se voit accorder le titre de championne de toutes les vérités.
La vacuité de notre existence au regard de la mort qui nous attend nous pousse peut-être dans des retranchements de plus en plus abjects. C’est en tout cas ce que laisse aujourd’hui transparaître l’époque que nous vivons.
De funestes valeurs en inopportune déraison, nos illusions déçues décorent, ce faisant, le Tombeau de l’Humanité.
Sur ce narratif préliminaire enjoué, veuillez accepter ces quelques vers.
Re-mot-deler le monde
A la frontière de nos mots
nous voulons dicter l’univers.
Mais que n’en disent sur cette Terre,
tous ceux qu’on laisse pour sots ?
Un renard affublé d’un corbeau,
sortis d’une élégante fable,
ne sauraient-ils être encore plus beaux,
à la lumière de leur corde sensible ?
Les êtres à nos yeux invisibles
ne sont-ils point, à fleur de peau,
des témoins beaucoup plus attachés,
à leur terrier que l’on toise de haut ?
Corbeau, renard, ou piètre vermisseau,
pâles images réduites à ces lignes,
il se trame dans vos modestes clairières
bien plus que ce simple univers.
Nos lisières lexicales occultent l’inentendu
et nous confondent en lettres convenues.
Alors brisons, de nos rêves, toutes les valeurs,
et révélons ensemble cet autre ailleurs.
Signé “Couplufin et Patafiole” personnages éphémères d’une simple photo, et dotés d’une individualité que j’ai considéré légitime de leur reconnaître.